Gérard Collomb a une nouvelle fois franchi la ligne jaune à l’occasion de l’organisation des primaires socialistes à Lyon.
Le Sénateur-maire de Lyon qui prône comme François Hollande une « République juste et crédible » a fait la preuve d’un manque flagrant d’éthique et d’impartialité :
- par la mise à disposition de bureaux de vote à un coût largement inférieur au coût réel (381,56 € par bureau de vote pour les 2 tours contre 865,19 € à Paris). Ce sont donc tous les contribuables Lyonnais qui ont subventionné la primaire socialiste.
- par l’utilisation des écoles de la République au profit d’un parti politique.
- par l’utilisation du prestataire du journal municipal Lyon Citoyen pour la réalisation en urgence d’une lettre de soutien à François Hollande témoignant ainsi au mieux d’une certaine imprudence, au pire d’un manque d’éthique flagrant.
- par la publication d’une liste de responsables du monde culturel et associatif auquel Gérard Collomb a cru bon d’associer les noms des institutions qu’ils dirigent en violation totale du devoir de réserve et d’impartialité. Ces institutions ne peuvent être instrumentalisées par une idéologie politique.
Ce n’est pas ainsi que je conçois la gestion d’une ville qui apparaît de plus en plus clanique et au service d’une ambition nationale personnelle ! Cette instrumentalisation est insupportable pour le démocrate que je suis !
Dans sa lettre aux Lyonnais, Gérard Collomb précise « ce vote est capital pour l’avenir de la France », sans doute voulait-il écrire « ce vote est capital pour mon avenir ».
L’analyse du scrutin à Lyon témoigne de l’échec de la stratégie personnelle de Gérard Collomb. Au 1er tour, Martine Aubry était en tête sur Lyon. Au 2nd tour, malgré une participation supérieure au 1er tour, François Hollande recueille 51,3% des voix contre 56,7% au niveau national. Ces primaires sont donc un échec personnel pour Gérard Collomb. Elles témoignent également de la présence à Lyon d’une gauche radicale importante que Gérard Collomb ne peut plus négliger.
Quand il écrit « accordez-lui [François Hollande] la même confiance que celle que vous m’accordez dans ma gestion municipale », nous constatons que près de la moitié l’électorat de gauche ne lui accorde plus sa confiance.
Nous sommes donc bien loin d’une gouvernance irréprochable de la part de celui qui s’érige volontiers en donneur de leçons. Quand il parle du « modèle Lyonnais » qu’il veut voir appliquer à la France, nous avons tout lieu de nous en inquiéter.